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J’ai vu Django Unchained

J’ai enfin vu le dernier Tarantino ! J’adore Tarantino, et le retour de Christoph Waltz, je m’en faisais une joie.

Mais… c’est pas un mauvais film, on reconnait Tarantino, mais qu’est-ce que c’est facile ! Ma première sensation à la fin de ce film c’est de me dire que c’est creux. Un film comique seulement porté par deux grands acteurs (je ne connaissais pas spécialement Jaimie Foxx mais je dois dire qu’il est pas mal du tout celui-là), c’est d’abord ça.

Il n’a aucune originalité sur la narration (contrairement à Pulp Fiction ou Reservoir Dogs), sur la photographie et le travail proprement esthétique (Kill Bill), sur l’histoire (Jackie Brown) et il n’est pas excessif (Inglorious Basterds ou Death Proof). Il n’a pas la marque exceptionnelle de Tarantino, et ça le rend… anodin. J’ai envie de dire que ç’aurait été le bon moment pour Tarantino pour mettre fin à ses happy ending, et de nous surprendre une nouvelle fois, mais il n’a pas osé. Quant aux scènes d’enseignement de Django, elles sont bien trop conventionnelles. C’est le schéma tout entier du film : conventionnel.

Cela étant dit il a quelques bonnes scènes, mais aucune vraiment marquantes, et il se laisse regarder comme un bon divertissement.

Cependant, y’a un malaise. C’est le discours sous-jacent du film. On peut facilement avoir une lecture du surhomme (ubermensch puisque Tarantino s’est trouvé une passion pour l’allemand) et sur le fait que les noirs aux Etats-Unis ne doivent pas leur liberté à eux-même. Les esclaves sont tous passifs dans ce film, ou alors ils fuient. Je suis pas spécialiste de l’histoire américaine (ma prof de L3 m’a mis 7 à mon partiel d’histoire américaine -‘fin c’était une pute), mais c’est quand même dérangeant comme lecture, me trompe-je ?

On est habitué au discours caricatural de Tarantino, et il peut être lu de plusieurs façons, mais cela seulement parce-que le contexte est souvent surréaliste et lui-même caricatural. Dans un contexte aussi réaliste, l’interprétation en est influencée.

C’est vrai qu’après cet article on peut se dire que je n’ai pas aimé le film, mais détrompez-vous, je le répète, c’est un bon divertissement, mais il n’est pas assez abouti et ne se contente pas de vous laisser sur votre faim, j’en suis sortie blasée.

Une note ? TrouduQ/10

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Publié par le 10 Mai 13 dans Cinéma

 

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Fraude ou mal-être ? Qui s’en fout …

J’ai reçu avec émerveillement aujourd’hui une lettre de la CPAM. Typo conservée, parce-que très intéressante.

« Il s’agit de votre Xème arrêt au cours des douze derniers mois.

Dans l’éventualité d’un nouvelle arrêt de travail dans les prochaines semaines, le médecin conseil de la CPAM pourra être amené à prendre contact avec votre médecin traitant et vous-même afin d’examiner votre situation et d’apprécier si ces arrêts successifs sont bien une réponse adaptée à votre état de santé« 

Merci la CPAM de se soucier de ma santé. La CPAM deviendrait-elle défenderesse des salariés ? S’inquièterait-elle enfin de la souffrance au travail, maintenant qu’un gouvernement de gauche est arrivé et que la culture du prolétaire fraudeur tendrait à disparaitre ?

Je les appelle : est-ce national ou bien relatif à mon entreprise (en pleine mutation, en débat sur les RPS et où le taux d’absentéisme explose le plafond) ? Réponse quelque peu surprenante : « Ne vous inquiétez pas, c’est national ».

Comment donc je ne m’inquiète pas ? Si c’est national, alors là, le but change du tout au tout. Du suivi de la santé du travailleur, on passe à l’inspection du présumé fraudeur. Et n’est-ce pas lamentable de remettre en question les états de santé du travailleur pour un cumul trop important d’arrêt de travail ? Ne pourrait-on pas plutôt interroger l’employeur ?

Arrêtons-nous maintenant sur la typo et le vocabulaire de la lettre. Le paragraphe en gras, ce que le conseiller de la CPAM me présentait comme le point important parce-qu’ignoré du plus grand nombre, mentionne apprécier, arrêts successifs et réponse adaptée, on vous remet en cause, en partant d’un point de vue subjectif (« apprécier »), et surtout on remet en cause votre médecin traitant. Sa légitimité, contestée par un médecin bureaucrate… Quant à vous travailleur, les arrêts maladie ne sont pas forcément une réponse adaptée à vos maladies, non, ils le savent : ils ne doivent pas payer pour que vous restiez chez vous, tranquilles avec vos miasmes ou votre dépression.

Ah et le nombre d’arrêts, inscrit en gras, à quoi sert cette typo ? On peut se poser la question. Si ce n’était pas en gras qu’est-ce que cela changerait ? Rien, sauf le sens caché. Le nombre est mis en avant dans le but de vous faire prendre conscience que vous avez trop profité du système. S’il n’était pas en gras il serait juste factuel, un élément permettant de mieux apprécier l’objet de la lettre. L’objectif est culpabilisant.

Quand on sait la tendance qu’ont les entreprises à se foutre de la souffrance au travail, on se rend compte de quel côté est la CPAM et qu’elle est tout à fait prête à remuer le couteau.

 
 

Assassin’s Creed III

J’ai fini AC III. On m’avait dit que l’histoire était très courte, j’ai donc fait à fond les missions secondaires avant de finir le jeu pour augmenter un peu la durée du jeu. Ça s’avère décevant, la plupart de ces missions étant un peu, voire carrément, chiantes.

Déjà, trop de Desmond Miles. Il m’a toujours gonflé lui, et j’étais plutôt contente que dans Revelations on le voie pas trop. Sauf que là on a droit à de longues scènes jouables avec lui et sacrément inintéressantes. La caméra se bloque régulièrement, la jouabilité est moindre par rapport à Connor, ça a du coup plutôt tendance à frustrer qu’autre chose. On attend seulement le moment où on pourra reprendre Connor. Et c’est quoi cette fin juste avec Desmond ? Ok, ça recentre le jeu sur le vrai personnage principal, mais on sait très bien que niveau jouabilité on est proche du zéro, et par contre ça balance en cinématique.

Un autre point négatif : ils nous ont pris pour des buses. Il y a beaucoup trop de fausses scènes jouables. Entre deux cinématiques on te fait aller au pas jusqu’à la prochaine. C’est chiant et en plus on a l’impression d’être pris pour un con.

Les décors sont toujours sympas, mais là ce qui est vraiment génial c’est le côté nature, il n’y a pas que la ville, il y a plusieurs cartes et surtout il faut gambader parce-que les points de vue sont limités. Ça pourrait déranger vu que c’est moins facilitant mais finalement ça donne l’occasion de chasser à fond les ballons. Et puis chasser dans la neige c’est plutôt marrant.

Sur les capacités d’Assassin, j’ai trouvé bizarre que les armes à feu soient moins rapides que dans les précédents opus. C’est vrai que de cette façon ça colle plus à la réalité, mais ça colle moins à l’historique du jeu. Monter aux arbres c’est marrant, mais ça change pas vraiment de gambader sur les toits. Donc rien de très neuf à ce niveau-là, et les combats sont toujours un peu trop faciles (c’est bien de pas avoir à recommencer trente fois le même combat, mais on aimerait avoir plus de difficulté à tuer un personnage important).

Ils ont essayé de renouveler le Brotherhood en proposant différentes façons de s’en servir (appât dont je me servais beaucoup, assassin, tireurs d’élite etc.), mais on a trop peu d’occasion de s’en servir vraiment, sachant que dès qu’on est hors de la ville, impossible de les appeler (bien que ce ne soit pas vraiment nécessaire). Il est aussi repris le principe d’organisation de la défense comme dans Revelations (que je n’ai réussi à trouver qu’une fois), qui change un peu de mode de jeu. Le problème c’est que ce n’est pas assez poussé. Finalement c’est ça la conclusion, à vouloir faire plein de choses à moitié, on ressort frustré d’un jeu qu’on ne trouve pas assez abouti sur les détails et missions secondaires -qui sont nombreux.

Le contexte historique est toujours bien exploité. Rien de très neuf à dire.

Finalement il n’y a pas grand chose de nouveau hormis les combats en mer et la chasse. La chasse est un peu trop facile à mon goût. Cela étant dit les saisons sont bien exploitées et il est plutôt intéressant d’avoir à attendre la bonne saison pour chasser. Les combats en mer m’ont carrément séduite. Je les ai trouvées un peu trop rares et avec une exploitation du navire assez limitée, mais c’était sympa et une bonne idée à approfondir (ce qui sera fait, je n’en doute pas dans le AC IV).

Bon il me reste l’épilogue à finir, et je me le garde de côté avant d’être trop en manque. Car malgré tout, cet opus avait du bon et peu de jeu du même registre atteignent le même niveau.

 
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Publié par le 7 Avr 13 dans Jeux Vidéos

 

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La présomption d’innocence et le cas de M. Sarkozy.

Les amis de M. Sarkozy sont montés au créneau pour défendre un homme comme si de par sa mise en examen il était déjà coupable. Ça révèle tout de même une conception de la présomption d’innocence assez peu nuancée. Soit il est innocent, soit il est coupable. Et s’il était simplement mis en examen et entendu pour une affaire ?

On parle d’humiliation publique. Il est certain que ce genre de chose a des conséquences, mais là où on nous parle de présomption d’innocence, ce qui me paraît inapproprié à la situation, pourquoi ne pas plutôt de poser la question : si au final il est lavé de tous soupçons, pourquoi cela aurait-il des conséquences ? Eh oui, la présomption d’innocence est là : une mise en examen ne signifie pas culpabilité et ne doit pas servir de preuve ou de moyen de discrimination.

Ce qui est inadmissible c’est de qualifier un juge de trop zélé ou de faire honte à la démocratie sous le prétexte qu’il attaque un personnage élu et de ce fait au-dessus des citoyens lambda. Mettre des citoyens sur des niveaux différents et menacer un juge, voilà la délinquance.

Il faut se questionner sur notre manière d’appréhender la justice. Là où une mise en examen signifie coupable, cela révèle un regard porté sur la justice totalement erroné. Puisqu’il est vrai que lorsque quelqu’un est mis en cause dans une affaire puis blanchi, à chaque fois qu’un crime ou délit sera commis dans son entourage on aura des soupçons et ce malgré le blanchiment.

C’est là où la présomption d’innocence pêche. Les médias ont l’habitude de se faire juge lorsqu’ils ont estimé avoir réuni les preuves nécessaires. Pis, quand quelqu’un est arrêté, bien trop souvent les médias concluent une culpabilité. Font-ils trop confiance à la police ou aux juges ? Le problème c’est que le juge, lui, armé d’une compréhension totale de la justice, n’a pas déjà jugé le prévenu. Voilà une nuance souvent incomprise de nos journalistes. On perçoit la justice comme un outil de coercition, de répression, alors qu’une facette est souvent oubliée : celle de l’investigation. Une personne mise en examen n’est pas coupable tant qu’un juge ne l’a pas condamnée, cela sous-entend qu’il faut lui donner les moyens de prouver la culpabilité via une enquête ou de le blanchir par un non-lieu ou une relaxe. C’est ainsi que la présomption d’innocence peut être comprise.

Photo : Tableau de René Magritte. Et si vous avez besoin d’explication quant à sa présence ici, bah bougez-vous les neurones du cul. C’est dit en toute amitié

 
 

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The Sopranos

Mon intégrale des Soprano est terminée.Image

Que dire ? Il y a tellement de choses. La première c’est que oui, cette création télévisuelle est bien l’une des meilleures à avoir vu le jour. On peut lui reprocher plusieurs choses, mais dans l’ensemble c’est un bijou.

Le pitch pour les non-initiés : Tony Soprano est capo dans la mafia du New Jersey. Seulement il fait des crises d’angoisse et se voit contraint d’aller consulter une psy.

La violence

Si je dois parler de la série, j’évoquerai avant tout la violence et l’humour noir. La violence à l’état pur, dans ce qu’elle a de plus froid, sordide et mou. Toutes les scènes de violence physique sont dénuées de musique et montrent ce que le corps a de plus fragile. Elles me rappellent la première scène de baston dans fight club. Le poing contre la joue, le dur et le mou, l’eau du corps, les muscles, les os, on entend tout dans ce bruit. La lumière est souvent crue, les bruits émis par le battu aussi. Il en ressort un malaise constant. Je dois dire que sur les 2 dernières saisons, la finesse des scènes de violence s’est un peu évaporée. Je suppose qu’à vouloir trop tirer de fric d’une oeuvre, on cherche toujours à exacerber ce qui a fait son succès. On se dirige, dans l’épilogue de la saison 6, vers quelque chose de l’ordre du choquant qui me déplait beaucoup.

Mais là il s’agit du premier degré de violence, le plus visible, celui dénué de finesse. Il y a aussi une violence morale, qui s’exerce à plusieurs niveaux. D’abord, tous les personnages de cette série sont des inadaptés sociaux. Ils sont tous homophobes et racistes, antisémites quand le juif de la bande est absent.  Le public visé par cette série désapprouve clairement ce mode de pensée, il est souvent jeune et, de facto, moderne.

Les violences familiales sont extrêmement présentes. Tony n’est pas vraiment du genre à savoir désamorcer un conflit, c’est même plutôt un pro pour ce qui est de l’amorçage. On arrive à une période de sa vie où, tour à tour, ses deux enfants deviennent ados, et où lui vit sa crise de la cinquantaine. Une source de dispute intarissable.

La violence symbolique est révélée au travers de AJ, lors d’une scène mémorable, et Meadow, de façon plus constante à partir de la saison 5. AJ se rend compte, chez sa petite-amie, qu’il ne fait pas parti du même milieu. Il vit comme une agression le fait qu’elle ne l’a pas informé de sa plus grande aisance financière. Meadow elle, côtoie un milieu plus aisé et fait rencontrer à son petit-ami Finn le milieu mafieux italien. Par le biais de ces personnages, on fait se côtoyer deux mondes qui n’ont rien à voir, cela étant souvent source de souffrances.

On retrouve aussi la violence la plus absurde de la vie : les décès. Le parcours de la série est jonché des corps de l’entourage de la famille Soprano. Ils ne sont pas forcément liés au métier de gangster, il y a des accidents et des morts naturelles. Les scènes de réunion des mafieux lors des enterrements sont d’ailleurs mémorables.

La dernière forme de violence me venant à l’esprit, c’est la dépression, dont souffre Tony, le personnage principal. Celle dirigée contre soi, qui est ressentie tout au long de la série. La réalisation s’en ressent, avec des plans absurdes de scène de vie qui pourraient être perçus comme inutiles. Souvent ces petits plans rapides se terminant sur une note d’humour puis un silence apportent un éclairage sur la façon de ressentir de Tony la vie de famille; à la première lecture c’est insignifiant, mis là juste parce-qu’il y a une note d’humour, alors qu’à la deuxième lecture on révèle tout ce qu’il y a de dépressif dans ce point de vue.

Cela n’est pas exhaustif (il y a aussi l’addiction parmi d’autres choses), mais suffit à représenter la série en ce qu’elle a de plus noir.

L’humour

Ce qui est drôle généralement dans cette série ce sont justement la plupart des scènes où 2 mondes différents s’opposent. On rit à l’insu des personnages, et souvent ce sont les gangsters. Les scènes chez la psy sont truffées des mensonges de Tony, et on rit souvent de cette image qu’il veut montrer auprès de cette femme qu’il veut séduire.

Les déments apportent aussi l’humour. C’est facile, mais c’est bon quand même. La mère de Tony, ou plus tard son oncle, apportent le côté facile, mais tellement noir en ce qu’il a trait à la vieillesse de tout un chacun.

C’est finalement les pratiques et les attitudes qui sont souvent à l’origine du rire. Carm et ses amies, les lieutenants de Tony : on rit de leur ignorance. Eh oui, ce n’est que du mépris social, « quels beaufs ». Mais on rit aussi du fait que tous les gangsters sont des inadaptés sociaux, ils ne réagissent jamais comme on pourrait réagir. Ou bien quand ils réagissent comme toute personne réagirait, ils ajoutent tout ce qu’on ne ferait pas, une violence démesurée ou une de ces contradictions constantes dont ils font preuve. Mais de cette façon cette humour subtil peut se glisser dans des scènes très violentes ou anodines, là où les personnages ne riront pas, n’altérant ainsi pas la structure de la scène, ne saisissant pas la drôlerie de l’instant, mais tout en étant accessible pour le téléspectateur.

Bref, c’est drôle. Vous pourriez en être bien surpris.

Cela étant dit, je préciserai juste rapidement que la musique dans The Sopranos est juste superbe. Et je vous ferai un petit article sur la toute dernière scène de cette série culte.

Il y a beaucoup d’autres choses, mais l’article en deviendrait bien trop long, je vous laisse découvrir la série.

 
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Publié par le 22 Mar 13 dans Télévison

 

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Firefly, mais pourquoi ils n’aiment pas ?

Il y a plusieurs années Joss Whedon (Buffy, Angel, Dollhouse et plus récemment le blockbuster The Avengers) se lança dans un projet qui lui tenait à cœur : une série de science-fiction. A peine regardée, je suis tombée raide dingue de cette série, annulée au bout d’une saison et conclue par un film de piètre qualité.

Du coup, quand je discute avec des amis, collègues, famille de séries et qu’on en vient à me demander une de mes séries préférées celle-ci a toujours une grande place dans la discussion. J’entame par « c’est des cow-boys de l’espace » et finis avec « Y’a Nathan Fillion » (Castle). Ainsi j’ai amené pas mal de gens au visionnage du pilote. Mais quelle n’est pas ma déception quand les retours que j’ai sur cette série sont très mitigés. Le pilote assez long (1h30) a tendance à décourager ces publics friands de format plus conventionnels et surtout l’histoire du pilote n’est pas l’histoire de la série puisqu’on se retrouve enfin face à un épisode qui met les choses en place. Voilà donc Marie déçue du côté guerre qui ressort des premières minutes, Charlie qui trouve ce pilote bien trop long à se mettre en place et Benjamin qui tout simplement n’adhère pas. Tous trois étant amateurs de série (bien que Charlie n’aime pas Game of Thrones, mais on lui pardonnera cette erreur de parcours).

Je me suis donc posée la question : serait-ce moi ? Aurais-je placé trop d’espoir dans cette série ? Je la revisionne donc pour la quatrième fois, et non tout y est pour y faire un grand TV show. Et pour une fois je ne vais pas me contenter de cow-boy dans l’espace et de M. Fillion pour convaincre.

Cette série sent le Whedon à plein nez. Un drama avec beaucoup d’humour et un contexte extrêmement dense. Le problème et en même temps gage de qualité, c’est qu’on n’est pas dans l’explicatif et c’est donc à vous de ramasser au fil des épisodes les pièces du puzzle ou de parfois simplement acter. Prenons par exemple les insultes qui sont dites en chinois, il n’est jamais clairement expliqué le pourquoi du comment. C’est aussi à ça que sert le comic con (1). Il faut donc simplement tolérer cette frustration de ne pas comprendre dans l’immédiat.

Pour l’histoire, il s’agit d’une équipe de contrebandiers, le capitaine et son second ayant participé quelques années plus tôt à une guerre qu’ils ont perdue. Je n’en dirai pas plus car l’histoire des personnages est ce qui rend la série palpitante et qui donne envie d’en savoir plus. Pour la plupart ce sujet est largement évoqué dans le magnifique, l’excellent « Out Of Gas », le huitième épisode de la série.

Cela étant dit la série souffre d’une trop grande présence de semi-loners (2), modèle apprécié par la Fox, chaîne de diffusion de la série, qui avait décidé de diffuser les épisodes dans le désordre, se disant que de toutes façons le projet était voué à l’échec. Mais l’absence de « previously » et les liens entre les épisodes (même s’ils ne sont pas basés sur une intrigue transcendant tous les épisodes) ont beaucoup souffert de cela. Parce-qu’il s’agit d’une série géniale dans le sens où tout repose sur les personnages. Les liens entre les épisodes dont je parlais précédemment sont tout simplement ces relations qui se nouent, cette famille qui se construit dans un espace clos et qui semble (enfin) être leur chez eux.

Puisque j’en viens à la perle de cette série, autant ne pas s’arrêter. La richesse de Firefly, c’est certainement tous ses personnages. Avec un cast de neuf personnages, on pourrait vite faire dans la caricature en se disant que le nombre palliera les faiblesses de caractère (ce qu’on retrouve assez souvent dans les teenshows). Eh non, ils ont certes tous un rôle type, mais qui s’affine à chaque épisode.

A côté de ça on retrouve le féminisme, parfois limite agaçant parce-que hyper présent, de Whedon. Les quatre femmes de l’équipe (eh oui, presque la parité !), font toutes preuve de force de caractère. Même si la plus féminine d’entre elles, Inara, reste faible physiquement, elle est une courtisane (prostituée de haut rang, très respectée) faisant de ses charmes sa force, et son caractère obstiné sa faiblesse. La femme guerrière est présente, la femme accomplissant un travail d’homme l’est aussi. Mais le personnage le plus fascinant est celui de River, la jeune fille perdue et délirante. Sauf que c’est un génie, sur tous les plans, incarnée par une actrice extrêmement gracieuse. La folie prend donc des airs poétiques.

Vient Nathan Fillion. C’est le leader. Parce-que Whedon adore les leaders (Buffy, Angel, Captain America, Echo), il ne peut pas faire une série sans eux. C’est le chef de famille, arrivé là par son charisme et parce-que derrière la couche sceptique et sarcastique, se cache le garant du bien au sein de l’équipe. Il les aime malgré tout et même s’il peut être stupide, il cherchera toujours le meilleur pour ses proches.

Je ne pourrais pas conclure cette article sans parler de l’espace théâtral offert par le vaisseau spatial.

L’espace principal

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C’est une vraie scène. Avec de multiples entrées réparties sur des niveaux différents, propice à de superbe moments de tension et d’action. En créant cet espace, Whedon revient aux sources du théâtre et ne peut pas se planter en matière d’action.

Sans oublier les couloirs. Là c’est la caméra qui y trouve son compte. Elle se faufile, révélant entre chaque pièce d’étroits couloirs où les personnages se bousculent, entendent des secrets et ne sont pas vus alors que le vaisseau est si grand et ouvert. Whedon joue subtilement sur la promiscuité entre et dans les grands espaces.

Puisque j’ai commencé un petit laïus sur l’action je vais finir là-dessus. C’est une série de science-fiction, donc forcément avec beaucoup d’action. Mais ce qui fait aussi la beauté de cette série c’est que la plupart des armes utilisées sont des armes à feu, notre équipe vivant entre les frontières de la légalité et n’ayant pas les moyens de se payer des armes lasers. On est donc souvent confrontés à des paysages à la Sergio Leone et parfois le décors futuriste se plante en plein milieu du désert. Les fusillades sont courantes et parsemées de répliques digne d’une Buffy des meilleurs temps.

Sans oublier que cette histoire parle de quelque chose trop peu souvent évoqué : que font les perdants après la guerre ?

Note :
(1) L’univers de Firefly (retour au texte)
(2) Loner (ou standalone): épisode d’une série pouvant être regardé seul, sans le contexte de la saison. Il s’agit ici de semi-loners, dans le sens où l’histoire peut être comprise seule mais pas forcément les rapports entre les personnages (retour au texte)
 
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Publié par le 2 Déc 12 dans Télévison

 

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On ne tue plus le père, mais la mère

À 12 ans j’ai vu un film intéressant mais je n’avais pas tout compris : c’est l’histoire d’esclaves dans un monde moderne, avec de gros téléphones portables, essayant de se libérer d’un monde fabriqué de toutes pièces.

Yup, this is the Matrix.

J’avais envie de le revoir, étant sortie de Windows 98 et d’une puberté très handicapante au niveau intellectuel. Je me souvenais du fameux « I know Kung-fu », repris dans Chuck, mais il restait pas grand chose d’autre. Pourtant il y en a des choses marquantes; la fascination pour le cuir noir, les aiguilles et les trucs enfoncés dans/sous la peau. Mais je ne veux pas faire une review ici. Ce qui m’a surtout donné envie d’écrire un article c’est la mine de référence pour gamer. Bien sûr le film est allé puiser chez les geeks, mais il s’est concentré tout de même sur l’univers des jeux vidéos.

On peut pointer les évidences : les pseudos comme noms des personnages, et qui sont pour ces derniers le seul nom valable dans ce monde. Mais on a aussi les checkpoints par le biais du téléphone. Censé nous amener en lieu sûr et nous apporter un peu de répit se façon temporaire. Il y a aussi les phases d’apprentissage dans un simulateur, c’est important dans un jeu le simulateur pour s’entraîner. Après avoir appris quelques combos, il faut les pratiquer pour les maîtriser. Et le shoot, les grosses armes au choix : ça se retrouve toujours dans plusieurs jeux du tiroir du gamer. Et puis Néo s’est juste foiré une vie sans problème.

Finalement ce qui est le plus gamer dans ce jeu c’est la simplicité pour faire des choses compliquées, surhumaines et ce par des gens a priori normaux (cela étant dit il faut quand même être un geek). On apprend en quelques manips à faire quelque chose de ouf. Le TUTORIEL, en deux-deux, croix-carré-carré, tu pilotes ton hélicoptère.

Maintenant la question de la poule ou de l’oeuf : search and destroy, Spybot ou Matrix ?

 
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Publié par le 5 Août 12 dans Cinéma

 

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